S.S.E l'an passé, l'attaque stéphanoise s'est métamorphosée durant l'intersaison, attirant désormais les éloges.
Les Verts sont-ils vraiment plus performants ?
OUI. Dans le projet “A.S.S.E. demain” présenté par les dirigeants en juin comme dans le discours de Christophe Galtier, l'envie d'attaquer et de faire le spectacle est beaucoup plus présente. Si, l'an dernier, les Verts donnaient parfois l'impression de se contenter de mornes 0-0, ce n'est plus le cas aujourd'hui. La preuve : sur les onze premiers matches officiels de la saison avant le déplacement à Troyes mercredi, le club a toujours marqué au moins un but. Les coéquipiers de Loà¯c Perrin avaient scoré 17 fois toutes compétitions confondues, pointant au sixième rang des attaques de L1 (9 buts en 6 matches), à seulement deux unités de la meilleure attaque, l'OM. A titre comparatif, l'A.S.S.E. de 2014-15 n'avait marqué que 10 fois après onze matches.
Depuis quand les Verts n'avaient plus réalisé pareille série ?
UNE Rà‰GULARITà‰ OFFENSIVE INà‰DITE SOUS GALTIER. Certes, sur la fin de saison dernière, l'A.S.S.E. avait été plus efficace en trouvant le chemin des filets à 19 reprises lors de ses 11 derniers matches. Des chiffres gonflés par le carton face à Nice (5-0) lors de la 36e journée, qui contrastaient avec une année difficile à ce niveau. Mais le Saint-Etienne de 2015-16 étonne surtout par sa régularité avec 11 matches consécutifs en marquant toujours au moins un but. La série s'étend màªme à 14 matches officiels en prenant en compte la saison passée. Ce n'était tout simplement jamais arrivé depuis l'arrivée de Christophe Galtier en décembre 2009. Le précédent record du coach stéphanois était de onze matches de suite entre janvier et avril 2013. L'année de la victoire en Coupe de la Ligue”¦
Que change la présence de Beric devant ?
UNE PALETTE DE CHOIX TACTIQUES PLUS LARGE. Avec l'arrivée du Slovène, une mini révolution est en train de se produire. Il faut dire que l'ancien joueur du Rapid Vienne a repris, en mieux, le poste de pivot resté vacant suite au départ de Brandao. “Il a un profil intéressant, différent de nos autres attaquants, note Loà¯c Perrin, soulignant sa grande capacité d'adaptation malgré la barrière de la langue et surtout les possibilités offertes au collectif. Il garde les ballons, ce qui permet au bloc de jouer dans le camp adverse.” Cette spécificité, Romain Hamouma la remarque aussi : “C'est un joueur très bon quand il est dos au jeu. Il a cette capacité à peser, à garder le ballon, à jouer de son corps”. Pour Christophe Galtier, l'animation autour de son buteur peut encore s'améliorer. Il n'est pas non plus exclu que sa présence transforme le 4-2-3-1 en un 4-4-2. Fermé à cette idée depuis sa prise de fonctions, le coach des Verts a ouvert la porte à cette éventualité en associant Roux et Béric, deux profils qu'il juge complémentaires.
L'équipe est-elle toujours aussi dépendante d’Hamouma ?
NON. Impliqué sur six des huit buts des Verts avant sa suspension face à Milsami fin août, Romain Hamouma a longtemps été l'arbre qui cachait la foràªt. “Monsieur 75%” lors des six premiers matches, l'ancien Caennais a perdu en influence sur les cinq derniers, à mesure que d'autres prenaient leurs responsabilités. On peut d'ailleurs interpréter cela comme une bonne nouvelle puisque le danger vient désormais de partout à l'A.S.S.E. : un coup de casque sur corner de Corgnet face à Milsami, une frappe lointaine d'Eysseric face à Bastia, des buts de Bayal et Roux à Montpellier, la puissance de Beric dans la surface face à Rosenborg et Nantes, le solo de Bamba toujours contre les Canaris… Aujourd'hui, Hamouma n'est plus impliqué “que” sur sept des 17 buts (41%). Bien sûr, il reste l'élément le plus décisif des Verts en ce début de saison mais “Sainté” a aussi su se passer de lui en gardant une dynamique d'efficacité.
A quel poste faire jouer Nolan Roux ?
A DEUX DEVANT OU SUR L'AILE DROITE. Seul en pointe en début de saison, l'ancien Lillois n'a pas franchement convaincu, attendant son 9e match, à Montpellier, pour trouver enfin le chemin des filets. Aujourd'hui libéré par la présence de Beric, Roux a su enchaà®ner en marquant sur penalty face à Rosenborg. Lors de ce match, le natif de Compiègne a aussi offert une nouvelle possibilité à son coach, passant avec succès l'examen du couloir droit. C'est dans un registre similaire mais de l'autre côté du terrain que Pierre-Emerick Aubameyang avait réussi ses deux brillantes saisons dans le Forez.
Quelle est l'attaque type de l'A.S.S.E. aujourd'hui ?
VERS UN QUATUOR BERIC-ROUX-EYSSERIC-HAMOUMA. Cela dépend du système et il est fort probable que celle-ci n'a encore jamais été testé. Dans le 4-2-3-1 privilégié pour l'instant par Christophe Galtier, il semble évident que Robert Beric occupe la pointe haute. Après, tout dépend de la capacité d'Hamouma à démarrer à gauche, lui qui semble toujours indiscutable. S'il évolue dans ce registre, on peut penser que Nolan Roux, très bon à Rosenborg dans ce registre, prendra alors le couloir droit, laissant l'axe à Valentin Eysseric, qui a aujourd'hui davantage les faveurs de son coach que Corgnet (malgré les bonnes dispositions de celui-ci depuis le début de saison). A noter qu'un 4-4-2 peut aussi fonctionner avec les màªmes tàªtes en alignant Hamouma à droite, Eysseric à gauche et le tandem Roux-Beric dans l'axe.